Bonnes faims d’année

(@j.balagué)

Pour les repas de faims d’année, la popularité de l’huitre, consommée principalement vivante, et paraît-il aphrodisiaque, ne faiblit pas, bien au contraire. En France, nous en consommons environ 150.000 tonnes par an. Datant de 230 millions d’années, des fossiles témoignent de la présence de l’huître sur nos côtes. Quant à sa consommation, elle remonterait à la plus haute Antiquité. Les Grecs, qui en étaient friands, utilisaient leurs coquilles comme bulletins de vote ; et les Romains, qui pour leurs banquets les faisaient venir à grands frais de Gaule, furent les premiers à organiser leur élevage. Au Moyen Age, les monticules retrouvés attestent une surconsommation. Au XVIe siècle, il était normal d’en gober plus de 150 par personne au cours d’un très long repas. Au XIXe siècle, devant l’épuisement des bancs, le gouvernement de Napoléon III développe l’ostréiculture et importe du Portugal la fameuse « portugaise », qui sera introduite à Arcachon puis, accidentellement, dans le bassin de Marennes-Oléron après qu’un morlaisien, croyant avoir perdu sa précieuse cargaison, la jeta à la mer.

Compte-tenu de cette reconnaissance toute acquise l’huitre n’a pas besoin de faire du cinéma pour être aperçue. Toutefois certains réalisateurs lui ont quelquefois donné l’occasion de briller, servie sur un plateau. Hormis La Grande Bouffe, ou L’Aile ou la Cuisse (ci-dessous), Joël Dupuch dans Les Petits mouchoirs est devenu l’ambassadeur du monde ostréicole, par le prisme du grand écran.

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